Recension: Les avatars du piano de Ziad Kreidy, Le blog des éditions Beauchesne,06/11/2015
Par Grégoire Mabille
En 1983, Ruth Dyson et Georges Menhennick notaient dans le Dictionnaire encyclopédique de la musique publié sous l’égide de l’Université d’Oxford que : « De nos jours, les pianos français se distinguent des instruments allemands et anglais par leur sonorité nettement plus "mince". Les facteurs allemands et anglais se sont toujours efforcés d’obtenir d’avantage de résonnance, considérant la plénitude et la rondeur du son comme les principaux critères de perfection, au détriment parfois de la clarté et de la couleur. »[1]  
Depuis lors, cette inclinaison est allée s’accentuant. La standardisation a gagné du terrain. C’est ce que constate et démontre le musicologue et pianiste Ziad Kreidy dans son trop court mais brillant essai, Les avatars du piano. La diversité pianistique décroit au fur et à mesure des années. Le son produit par les pianos et tout particulièrement les pianos de concert, est de plus en plus stéréotypé. L’hégémonie de Steinway, marque à l’excellence technique indiscutable, pousse tous les autres facteurs au mimétisme. L’idéologie du progrès a gagné la plupart des pianistes virtuoses qui n’acceptent de jouer que sur des pianos modernes, Steinway & Son de préférence.   
En 1989, le claveciniste Scott Ross déplorait déjà ce mépris pour l’instrument ancien. Bien qu’il ne considére nullement qu’un pianiste se doit de jouer du Mozart sur un piano de l’époque de Mozart, il n’en remarquait pas moins que : « La seule chose qui compte c’est de connaître le matériau sonore avec lequel a travaillé le compositeur. Autrement dit, il est impossible pour un pianiste d’avoir une approche intelligente de Mozart s’il ne connait pas et s’il n’a pas pratiqué l’instrument de Mozart. »[2]
  
« Voir en la puissance et en l'efficacité un progrès musical, 
c'est bannir l'expressivité des anciens pianos. » 

Cette standardisation du son, tout comme cette course à la puissance, laisse notre auteur dubitatif. En étayant son propos sur des exemples précis, Ziad Kreidy démontre que certaines pièces de Chopin, entre autres, ne peuvent plus être interprétées en respectant certaines indications de pédales. En effet, la puissance des pianos de concert s’est tellement accrue que la pédale forte ne peut être employée qu’au risque de rendre le son inaudible. 
Ce n’est là qu’un détail à côté d’une perte plus grande encore, celle du caractère de l’instrument et de sa diversité, perte que l’on doit au fait que l’inspiration artistique soit désormais supplantée par une inspiration purement technique : 
« La recherche contemporaine essaie obstinément d’inventer de nouveaux procédés, complexes et élaborés, afin d’atteindre des objectifs fixées à l’avance, loin de toute originalité et de toute aspiration artistique. Il n’existe partout dans le monde qu’un seul modèle de référence, conçu pour l’immensité des salles contemporaine et pour toucher un très large public. A la différence des XVIIIe et XIXe siècles, le piano n’offre plus aujourd’hui les caractéristiques d’une région géographique. Codifié à outrance, il est profondément standardisé. Cette volonté de standardisation et de codification va à l’encontre de son histoire, faite d’une extraordinaire richesse de pianos disparates, aux caractères propres parfaitement aboutis. Il est devenu impossible aujourd’hui de rendre justice à tout cet héritage. Sa standardisation fortement enracinée est l’aboutissement du culte sans cesse renouvelé de la puissance, d’une efficacité technique irréprochable. En fin de compte, le parcours du piano à porté ces deux caractéristiques au firmament. Elles sont devenues synonymes de beauté instrumentale. Ainsi codifié, isolé de la beauté, le perfectionnement se perçoit à travers une vision strictement technique. »[3] 
Une question se présente alors : la perfection technique ne finit-elle pas par desservir l’œuvre des compositeurs passés, et circonscrire celle des compositeurs présents ? L’égalité du son produit par les pianos de concert actuels ne va-t-elle pas à l’encontre même des nuances nécessaires à l’interprétation. Enfin, l’histoire de l’art ne nous démontre-t-elle pas que la perfection des instruments employés n’a jamais déterminée la perfection d’une œuvre ?
 

[1] Université d’Oxford, Dictionnaire encyclopédique de la musique, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1988, tome II, page 465. 
[2] Scott Ross, propos extrait du film documentaire de Jacques Renard, Scott Ross, jouer et enseigner. Les leçons particulières de musique, éd. Harmonia Mundi, 2011. Enregistrements réalisés à la Villa Médicis en 1989. 
[3] Ziad Kreidy, Les avatars du piano, coll. L’éducation musicale, éd. Beauchesne, 2012, p. 68.
 



Une approche "historiquement informée" d'Edvard GRIEG • Magnifiques Pièces Lyriques offertes sur un piano-forte droit d'époque, par Ziad KREIDY, www.appogiature.net, 09/2013
Par Stéphane Houssier 
Né à BERGEN, en Norvège, le 15 juin 1843, Edvard GRIEG est le fils d'un diplomate (son père est le consul britannique de Norvège) et d'une mère pianiste - qui deviendra rien moins que son premier professeur. C'est à l'âge de quinze ans que sont répertoriés ses débuts en tant que compositeur.
À cette date (1858), il entre au conservatoire de LEIPZIG, puis part pour le Danemark en 1863, pays où il passera trois années ; avant de revenir s'établir en Norvège. Dès 1867, il commence l'écriture de ses Pièces Lyriques, un corpus constitué de dix recueils qui s'étend sur plus d'un tiers de siècle : les dernières pièces datent en effet de 1901, soit six ans avant son décès.
Outre ces Pièces pour le clavier, GRIEG signera - comme l'on sait - de nombreuses œuvres orchestrales, de la musique de chambre, des mélodies - ainsi que l'illustre Concerto pour piano (opus 16)...
Les Pièces Lyriques forment cependant, avec ses autres opus pour clavier solo (Sonate opus 7, Scènes de la vie populaire opus 19, Feuillets d'album opus 28, etc.), la partie la plus conséquente de son œuvre.
Il n'en reste pas moins que son Peer Gynt continue aujourd'hui d'éclipser - pour une large partie du "grand public", tout au moins - nombre de ses compositions, en dépit d'une discographie pianistique relevée.
Se sont ainsi confrontés à ces partitions, que ce soit en sélection, ou dans leur intégralité : outre GRIEG soi-même (disponible auprès du label Simax, entre autres), Sergei RACHMANINOV, Svjatoslav RICHTER, Emil GILELS, Walter GIESEKING, Gerhard OPPITZ. Tous nous ont légué, tour à tour, leur lecture de ces Pièces. Compatriote du créateur, Håkon AUSTBØ demeure l'un des rares à avoir gravé la totalité des recueils (Brilliant Classics).
Ziad KREIDY, pianiste et musicologue franco-libanais né en 1974, s'attelle aujourd'hui à l'enregistrement des quatre premiers volets... et le moins qu'on puisse dire est qu'il ne le fait pas de n'importe quelle manière ...
Tous les pianistes précités ont bien sûr travaillé ces pièces sur instrument "moderne"... mais Ziad KREIDY, quant à lui, décide de nous les proposer sur un magnifique piano-forte droit ERARD de 1867, contemporain par conséquent de l'écriture de ces premiers fascicules.
De fait, l'écoute des premières mesures fait tendre l'oreille, et l'on se demande alors d'où peut provenir ce son assourdi ! L'on se déplace pour régler le son de son équipement... Indiscutablement, un petit miracle se produit... Peu à peu, avec un sens et une science du piano-forte au discours naturel, spontané, limpide, l'artiste entraîne l'auditeur dans un microcosme tissé de mystères, d'ombres et de lumières, de joies, de peines - de pleurs, parfois.
Relevant avec une facilité confondante le défi technique soulevé par un instrument ancien (qui plus est, nullement conçu pour les salles de concerts, mais pour un usage domestique ; mieux, non restauré, un piano-forte "dans son jus"), usant d'une grande liberté dans la narration... Ziad KREIDY offre ici non seulement une leçon de clavier absolument magistrale, mais aussi un de ces rares moments de plein bonheur que l'univers du disque, devenu si marchand, nous révèle désormais avec parcimonie.
Inutile dès lors de tourner autour du pot : retrouver le même pianiste, réenchantant sur le même ERARD les recueils suivants Pièces Lyriques d'Evard GRIEG, devient la plus d'un coup la plus vive des exigences.
 

Edvard Grieg : Pièces lyriques, recueils 1 à 4, opus 12, 38, 43 et 47, pianowww.concertonet.com, 04/05/2013  
Par Christine Labroche
Ziad Kreidy a choisi d’interpréter les quatre premiers recueils des Pièces lyriques d’Edvard Grieg (1843-1907) sur un piano droit Erard 1867, date de l’édition du premier recueil. L’intérêt de ce choix est double. Plus qu’au récital, les Pièces se destinaient aux interprétations de salon ou au sein de cercles d’amis ou en famille selon le niveau de difficulté comme c’était l’usage au XIXe siècle et au-delà. On retrouve ici avec émotion la confidentialité de ces interprétations intimes. Plus important peut-être, le son particulier et les possibilités techniques de ce piano droit, différents de ceux des pianos à queue de la même époque mais familiers aux oreilles du compositeur, permettent de mieux pénétrer certaines intentions de Grieg et peuvent par ce biais influer sur l’esprit d’une interprétation sur piano moderne, y compris sur le Steinway si souvent prisé de nos jours.   
Au premier abord, la surprise est grande. Le son de cet Erard au diapason plus bas semble mat et un peu court. Il n’a pas du tout l’ampleur, la transparence et la résonance auxquelles l’auditeur est aujourd’hui habitué. Petit à petit, sa délicatesse et sa résonance plus fine s’imposent et, si les aigus peuvent parfois se voiler, les graves s’écrêter, les riches couleurs du medium plus stable convainquent. In fine, on n’entend plus que Grieg et la richesse harmonique de ses partitions en apparence si simples. Les vingt-neuf pièces de ces quatre premiers recueils écrits en 1866-1867, 1883, 1886 et 1888 – les six autres entre 1889 et 1901 – ont en commun un charme certain, une nostalgie discrète, une douce mélancolie et la lumière diffuse de la Norvège qui les inspire. Les modes se teintent du sentiment national, la nature est proche, vibrante et printanière («Au printemps» et «Voyageur solitaire», opus 43 n° 2 et n° 6, «Danse du printemps», opus 47 n° 6), les âmes dansent («Halling» et «Valse», opus 38 n° 4 et n° 7, ) et chantent («Norsk», opus 12 n°6, «Mélodie», opus 47 n° 3), lyriques et sans violence, l’âme des elfes et du peuple ailé voltige, portée par le vent («Papillon» et «Oisillon», opus 43 n° 1 et n° 4). Les écouter, c’est un enchantement que l’interprétation de Zad Kreidy, fidèle, agile et en tout point habile et sensible, communique pleinement. Sa grande connaissance et sa maîtrise techniques du piano Erard 1867 lui permettent de le faire sonner avec un degré élevé de musicalité et des effets bienvenus tout en recréant l’intimité feutrée, si précieuse, si émouvante, des salons et foyers d’antan.  
Le pianiste franco-libanais est aussi musicologue et chercheur et le choix de ce piano Erard met aussitôt à l’esprit son récent ouvrage Les Avatars du piano, dont la finalité n’est pas de recommander une interprétation systématiquement sur un instrument «d’époque» mais de sensibiliser l’auditeur et l’interprète aux esthétiques anciennes et aux raisons d’être du détail spécifique d’un texte musical qui relève du type de piano alors existant. Sviatoslav Richter, András Schiff et Leif Ove Andsnes le rejoignent dans ses recherches esthétiques mais sur des pianos plus puissants: les premiers ont élu un Bösendorfer, le dernier, le Steinway 1892 du compositeur, ce sans tourner définitivement le dos au Steinway moderne. Quel que soit le piano, ce type d’interrogation ne peut que venir affiner le jeu. Ziad Kreidy ne cherche nullement à imposer une esthétique unique ou un instrument unique, il cherche à élargir les horizons – et, dans ce sens aussi, il convainc. 
La notice, succincte, ne porte que sur l’instrument et, brièvement, sur son adéquation à ce programme précis. On regrette que le pianiste n’ait pas porté d’appréciation sur les partitions elles-mêmes

 
 
Les avatars du piano, documentaire réalisé par les Éditions Beauchesne, 11/03/2013


Voyage musical à travers les âges et métamorphoses du piano, Agenda Culturel, 01/03/13
Propos recueillis par Zeina Kayali
Ziad Kreidy, pianiste libanais établi en France, s’est récemment illustré par de nombreux concerts et par la sortie de son ouvrage ’Les avatars du piano’ (Editions Beauchesne) où il convie le lecteur à un voyage musical à travers les âges et les métamorphoses du piano. Ziad Kreidy joue lui-même, quand il en a l’occasion, sur des pianos d’époque et cette correspondance entre l’œuvre d’un compositeur, son époque, ainsi que le piano sur lequel elle est susceptible d’être jouée, le passionne.  
Vous êtes pianiste, musicologue et compositeur. Pouvez-vous nous parler de votre parcours et des rencontres musicales importantes de votre vie ? 
Je considère l’ensemble de mes activités comme un tout. Je ne souhaite pas être spécialiste d’une seule chose, de peur de rétrécir mon univers. Mes études ont été longues et diversifiées : piano, pianoforte, clavicorde, musique de chambre, écriture, harmonie au clavier, analyse, organologie et finalement un doctorat de musicologie. Je dois énormément à mes maîtres. Mais le musicien qui m’a le plus marqué, je ne l’ai jamais rencontré. C’est le compositeur japonais autodidacte Tôru Takemitsu auquel j’ai consacré mon doctorat. Il m’a appris à mieux me connaître, à lier l’art à l’identité, à voir la musique comme un style de vie. 
Vous êtes passionné de pianos d'époque, et d'ailleurs vous n'hésitez pas à donner des concerts sur ces pianos quand vous en avez l'occasion et vous venez de publier un ouvrage intitulé ’Les avatars du piano’. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ? 
M’intéressant aux pianos anciens depuis 1999, j’ai constaté que le monde du piano, dans sa grande majorité, ignore sa propre histoire et la déprécie. De nos jours, on pense que l’ensemble des pianos fabriqués jusqu’aux abords de la Seconde Guerre mondiale sont inférieurs au grand piano de concert contemporain. Ce que je trouve absurde. Chaque piano réussi a ses qualités et ses limites. J’ai écrit mon livre pour défendre une profonde conviction : dans l’histoire de l’art occidental, il n’y a pas eu de progrès et cela s’applique aussi au piano. Le piano n’est pas uniquement une machine avec un clavier actionnant des marteaux, il est surtout un instrument d’art. Les pianos anciens, toujours différents, m’enrichissent. C’est un monde infini. Même si les Steinway sont de très bons pianos, la standardisation actuelle est une pauvreté.  
Parlez-nous de votre actualité et de vos prochains concerts. 
Je suis invité le 14 mars pour une conférence sur les pianos français du XIXe siècle à la Sorbonne. Mes prochains concerts sont aussi parisiens : sur pianos anciens, un Boisselot de 1828 et un Pleyel de 1849, un programme Schubert / Chopin les 22 et 23 février à l’atelier de Philippe Jolly, et les 13 et 14 avril au musée Cognacq-Jay ; sur piano moderne, un programme Mozart, Schubert, Chopin et Grieg le 16 mars à la chapelle Saint-Jean.


Edvard GRIEG : Pièces lyriques op. 12, op. 38, op. 43 et op. 47. 1 CD LdNL'éducation musicale, mars 2013
Par Jean-Pierre Robert 
Au sein de la production d'Edvard Grieg, pour le piano en particulier, les Pièces lyriques occupent une place de choix : plus de 60, écrites entre 1867 et 1901, réparties en dix recueils. La vogue de la petite pièce était grande à cette époque d'après romantisme, où le public d'amateurs était friand de choses simples, aisées à jouer. La manière d'épicer harmoniquement ce qui pourrait n'être qu'une banale pièce de salon, exerce un indéniable pouvoir d'attraction sur le pianiste, mais aussi sur l'auditeur. Ziad Kreidy a choisi de jouer les quatre premiers recueils. Les atmosphères sont souvent à peu près les mêmes d'un recueil à l'autre, chacun composé de six à huit morceaux. Leur délicieux charme rétro (« Papillon », op.43 N° 1), naît d'une sorte d'intimité sonore. Car ces pièces étaient conçues plus à l'usage domestique, où l'on fait de la musique, chez soi, entre amis, qu'à l'exécution de concert. Leur caractère confidentiel se prête peu au faste de l'estrade. Elles évoquent la poésie nostalgique, typique des contrées danoises (« Voyageur solitaire », op.43, N°2), mais aussi la veine de la danse, la mélancolie de l'élégie, la beauté de la nature, bien sûr, surtout au printemps. Elles sont très chantantes. Ainsi de ces « Feuillet d'album », op 47 N° 2, dont le climat se poursuit dans « Mélodie ». L'autre intérêt de ce disque réside dans l'instrument joué : un Érard droit des années 1867, conservé dans son état d'origine. Pour nos oreilles formatées au « grand », à queue, de concert, bien sonore, la surprise est de taille. Encore que la démarche interprétative s'inscrive dans l'interrogation actuelle sur les instruments et leur manière de restituer le son : qu'il s'agisse des Steinway, Yahama, Bechtein, Fazioli, Steingraeber, ou encore Shigeru Kawai (cf. le récent disque Stravinsky, de Lydia Jardon, NL de 2/2013), les interprètes repensent leur manière de jouer. Ce questionnement, partagé par un András Schiff, pour ne citer que lui, est au centre des réflexions de Ziad Kreidy, dans son récent ouvrage, « Les avatars du piano », publié par les Éditions Beauchesne. On est agréablement saisi par le médium, naturel de cet Érard (« Valse » op 12, N02 ), et sa fine résonance (« Berceuse » op.38, N° 1). Si les aigus semblent voilés, car comme le signale le pianiste, le timbre n'est pas uniforme, on s'habitue aisément à la leur sonorité cristalline, impression qu'explique un diapason plus bas. La richesse de l'exécution démontre combien Kreidy est un ardent avocat de cet instrument. Seul regret de cette production discographique : l'absence de toute note sur les œuvres.


Ziad Kreidy joue les Pièces lyriques d'Edvard Grieg sur un piano à 5 euros, lejarsjasejazz, 23/01/2013 
Par Guillaume Lagrée
Lectrices impécunieuses, lecteurs désargentés, imaginons que vous ayez chez vous la place pour installer un piano mais pas l’argent pour en acheter un, même fabriqué en Chine à la chaîne. Le pianiste et musicologue Ziad Kreidy dont je vous ai déjà parlé du livre stimulant « Les avatars du piano » possède la solution pour votre problème. Adoptez un piano droit fabriqué au XIX° siècle. Personne n’en veut. Ils finissent à la casse. Les accordeurs ne savent pas les accorder, les pianistes ne veulent pas en jouer, les vendeurs de piano n’osent pas les vendre. Ils seraient presque prêts à payer pour s’en débarrasser. Vous pouvez donc vous en offrir un pour une somme comprise entre 0 et 5 euros. A ce prix là, vous aurez un superbe piano de bastringue qui sonne comme ceux des maisons closes de la Nouvelle Orléans. Vous pourrez vous prendre pour Scott Joplin ou Jelly Roll Morton, jouer avec un chapeau melon sur la tête, des chemises aux manches retroussées, en fumant des cigares et buvant du whisky en jouant (je vous le déconseille vivement vu les risques pour votre santé), créer de l’« Ugly beauty » comme disait Thelonious Sphere Monk, monter des « houses parties » pour payer votre loyer, vous faire haïr de vos voisins si l’isolation phonique de votre logement n’est pas correcte, bref vous amuser comme des petits fous pour un prix minime, hors coût des procès intentés par les voisins bien sûr.  
Ziad Kreidy ne se livre pas à ce genre de facéties. Pianiste et musicologue, il respecte l’instrument et le traite avec ses possibilités et ses limites. Il s’est donc enregistré chez lui, avec des amis pour spectateurs (ils n’osent même pas applaudir. C’est vous dire si c’est du sérieux !). Comme il s’agit d’un piano français fabriqué en 1867, il joue une œuvre qui a été composée à partir de 1867, les pièces lyriques pour piano du compositeur national norvégien Edvard Grieg (1843-1907). C’est la fin du romantisme musical mais il a encore de beaux restes. Il y a même des morceaux qui swinguent comme la Valse (n°2) et « La Valse Impromptu » (n°23).  
Les amateurs de Jazz savent que la valse comme le Jazz est ternaire et qu’elle swingue ( The drum also waltzes . Max Roach) .Le Papillon (n°17) est très évocateur tant le morceau semble voler dans tous les sens. L’Oisillon (n°20) l’est lui aussi tant il décrit bien les tentatives d’envol qui finissent par aboutir. « Au printemps » (n°22) évoque merveilleusement l’éveil de la Nature. Grieg vivait dans une belle maison en pleine campagne norvégienne. Elle se visite. L’album compte 29 pièces en tout pour 58'31 de musique. Il n’est pas question que je vous dise tout.  
Ce n’est pas du Jazz mais c’est une curiosité musicale. A une époque où les conservatoires produisent à la chaîne des pianistes formatés, tant en classique qu’en Jazz, aussi formatés que les pianos dont ils jouent il est agréable d’entendre un pianiste classique, respectueux des œuvres (il n’improvise pas), proposer une interprétation différente par le simple choix d’un instrument dont personne ne veut, un piano droit du XIX° siècle, piano qui, à son époque, figurait dans toutes les bonnes maisons bourgeoises et sur lequel tant de chefs d’œuvre ont été composés et joués pour la première fois avant de passer au format concert sur un piano à queue (un crocodile disent les pianistes de Jazz).  
Si, convaincus par cette chronique et la musique de Ziad Kreidy, vous achetez, lectrices impécunieuses, lecteurs désargentés, un pianoforte droit à 5€ et que vous ne savez pas comment l’accorder, en jouer, adressez vous directement à Ziad Kreidy, ses coordonnées figurent dans l’album. Il se fera un plaisir de vous faire partager sa passion pour ces instruments dédaignés comme il le fait déjà avec son livre et cet album. Amusez vous bien ! 
Voici à quoi ressemble un piano droit Erard de 1867, lectrices impécunieuses, lecteurs désargentés. Ecoutez Ziad Kreidy en jouer puis consultez le pour vous en offrir un aussi beau. En avant la musique! 


Pianos anciens, pianos modernes ?, L'Orient-Le Jour, 19/12/2012 
Par Clément KOLOPP 
Signature Ziad Kreidy sera à la librairie Antoine des Souks pour dédicacer et parler de son livre « Les avatars du piano » ce soir, à 17h. L’occasion de rencontrer un instrument et son histoire. 
Le piano, instrument consensuel, «symbole de la civilisation occidentale», passionne, fascine, charme. Mais voilà où le bât blesse: on le sous-estime, on parle de lui au singulier, comme s’il était unique. Dans un court ouvrage analytique, proche d’une thèse, Ziad Kreidy revient sur la forme de cet instrument exceptionnel. 
Le piano est symbole d’une certaine modernité: «On est loin de la percussion, du souffle dans un instrument à vent, du coup d’archet, manières intuitives, caractéristiques des anciennes civilisations, de produire un son.» Cet instrument-là est complexe, a vécu et s’est transformé. Réfléchir à sa nature nous fait alors reprendre en filigrane de grands débats sur l’identité multiple d’un instrument unique. L’interrogation est lancée: doit-on respecter à ce point l’auteur d’un chef-d’œuvre pour n’utiliser que l’instrument exact auquel était destinée sa composition? Doit-on donner plus d’importance à l’instrument qu’à l’interprétation de l’œuvre?  
Dans cette étude, historique et documentée, l’auteur apporte des éléments de réponse et donne son avis sur ces débats qui font l’âme de l’instrument. «Il n’y a pas deux pianos pareils», bien sûr, mais à quoi ont mené ces trois cents ans d’évolution? Pierre Boulez, cité dans le livre, répond: «Il s’agit de faire évoluer ce monument, cette institution, cet objet massif et spectaculaire vers des sonorités inouïes.» 
Pianoforte, clavecin, Érard, Pleyel, échappement simple, double, etc., autant de nuances que cache la «puissance hégémonique du piano moderne» et que le lecteur, érudit ou non, mais nécessairement amateur de piano, découvrira avec délectation dans ce court et instructif ouvrage, aux éditions Beauchesne, collection L’éducation musicale.

  
Le piano, instrument introuvable, www.musikzen.fr, 19/11/2012
Par François Lafon
Aux éditions Beauchesne : Les avatars du piano de Ziad Kreidy, récemment auteur d’un récital Grieg « dans son jus ». Le propos de ce musicologue-interprète est justement de tenter de replacer les œuvres dans leur époque – ce que font tous les pianistes ou presque –, mais en s’appuyant sur la facture du piano à travers les âges et sur ce que ce piano en constante mutation a inspiré aux compositeurs. Question préalable : « Chopin, entre un piano romantique et un piano moderne, qu’aurait-il choisi ? » « Personne ne le saura jamais », répond prudemment Ziad Kreidy, tout en remettant quelques pendules à l’heure : Non, le piano moderne n’est pas l’ultime rejeton d’une évolution continue, d’ailleurs chaque avatar (incarnation, métamorphose) du pianoforte inventé par Bartolomeo Cristofori au tournant du XVIIIème siècle a été une perfection en soi. Un nouveau chapitre de la querelle des anciens et des modernes, les anciens étant les plus modernes en ce qu’ils nient la notion d’évolution en art, ou tout au moins l’idée que ce qui se fait maintenant doit forcément être plus abouti que ce qui se faisait au temps de la marine à voile. Une pierre de plus dans le jardin d’Alfred Brendel (« Mozart ne composait pas pour un instrument donné ») ou de Pierre Boulez (« Nous n’avons plus les oreilles de Bach ni de Beethoven »). C’est quand il parle technique, quand il décrit avec précision les avatars de cet instrument « introuvable » qu’est le piano que Kreidy est le plus original et le plus évocateur, ou quand il pointe, exemples musicaux à l’appui, la difficulté à concrétiser sur un piano moderne certaines indications de Beethoven ou de Chopin. « J’ai remarqué que les personnes vénérant le piano moderne s’accordent sur sa suprématie, et qu’en revanche, chez les passionnés de pianos anciens, les avis divergent, voire s’opposent », remarque-t-il à la fin de son livre. Non contents de ne pas être vraiment modernes, les modernes seraient-ils de dangereux idéalistes ? Alfred Brendel et Pierre Boulez apprécieront.


Piano de salon, Grieg sans flonflon - Ziad Kreidy joue Les Pièces Lyriques sur un instrument de 1867www.musikzen.fr, 28/10/2012
Par Gérard Pangon 
Dans le paysage musical d’aujourd’hui, ce CD ressemble à un petit Ovni. D’abord, parce que les Pièces lyriques de Grieg ne font pas partie des standards de la production courante même si Emil Gilels, Sviatoslav Richter et Leiv Ove Andsnes en ont enregistré jadis une bonne poignée. Ensuite, c’est l’instrument qui tranche avec les habitudes, un Erard de 1867, un piano droit jamais restauré, comparable, il est vrai, avec le piano de Grieg lui-même sur lequel en 2006 Shani Diluka a joué et enregistré quelques unes de ces Pièces dans la maison-même du compositeur. C’est, enfin, la démarche de Ziad Kreidy qui est remarquable : passionnément attaché aux instruments d’époque, il s’attache à replacer œuvres et compositeurs dans leur climat d’origine. Pour ces pièces écrites à la fin du XIXème siècle, nous voilà ainsi plongés dans un salon dont le décor et les tentures, qu’on imagine aisément, créent l’atmosphère intime et l’étouffement tout juste nécessaire pour amortir les petits clics de l’instrument. Et c’est justement ce qui fait le charme de cet enregistrement. Ajoutons que l’approche systématique de Ziad Kreidy, qui interprète dans l’ordre les quatre premiers recueils de Grieg (il en composa dix, le premier en 1867 et le dernier en 1901, avec 66 pièces au total), permet de découvrir la manière dont, au fil des ans, le compositeur revenait aux racines folkloriques de sa Norvège natale pour les revitaliser. 
 
 
EDVARD GRIEG - Pièces lyriques op.12, 33, 38 & 47 - Ziad Kreidy, piano droit Érard circa 1867 - LdN 002
Péché de classique n° 122 - novembre 2012
Cet enregistrement dévoile ce qui est vraisemblablement le premier enregistrement sur piano droit de la deuxième moitié du XIXe siècle. Ce magnifique Érard de 1867 aux petites dimensions convient merveilleusement bien à la poésie des quatre premiers recueils des Pièces Lyriques de Grieg que Ziad Kreidy joue là en concert. Auteur de l’incontournable Les avatars du piano, aux éditions Beauchesne, Ziad Kreidy est le défenseur de la diversité des pianos adaptés à chacun. On peut parler de découverte à bien des égards.  
 
 
Les Avatars du piano, lejarsjasejazz, 21/10/2012
Par Guillaume Lagrée 
Lectrices musicologues, lecteurs mélomanes, avant de commencer la chronique des " Avatars du piano " par le pianiste et musicologue libanais Ziad Kreidy, je dois vous avertir qu'il n'est pas du tout question de Jazz dedans. Par esprit de contradiction, j'illustre cette chronique par du Jazz. 
De quoi parle donc ce livre court, dense et passionnant? De l'évolution technologique d'un instrument de musique créé à Florence, Toscane, Italie vers 1700 sous le nom de pianoforte (nom qu'il porte toujours en italien d'ailleurs) par Bartolomeo Cristofori (1655-1731) et des effets de cette évolution sur le jeu des pianistes. Est-il possible en 2012 de jouer des concerti de Mozart, des sonates de Beethoven, des études de Chopin comme leurs compositeurs l'entendaient (quoique Beethoven n'entendait plus rien à la fin de sa vie !) ? La réponse de l'auteur est pessimiste et argumentée. À son avis, non. En effet, le développement technologique du piano depuis sa création est allé vers toujours plus de puissance et de standardisation. Des pianos produits à la chaîne comme des motocyclettes ne peuvent donner qu'une musique pétaradante. Ce qui est gagné en puissance est perdu en finesse, en expressivité, en singularité. 
Certes, l'auteur prêche pour sa paroisse puisqu'il est musicologue et joue sur des instruments anciens. Joue-t-il sur ceux de l'association Ad Libitum basée à Etobon, Haute Saône, Franche Comté, France (Ziad Kreidy enseigne d'ailleurs à l'université de Franche Comté à Besançon) ? Toutefois, le lecteur ignorant que je suis a été captivé par son propos à la fois richement argumenté et passionné, dans un format bref. Ne sachant ni lire, ni écrire, ni jouer de la musique, j'ai pourtant dévoré son livre en sautant les partitions. Même en passant les partitions, comme l'on peut passer les longues descriptions botaniques, géologiques et zoologiques dans les romans de Jules Verne, ce livre est passionnant. Évidemment, si vous êtes capable de suivre ses indications en jouant sur un piano, vous profiterez bien plus des leçons de l'auteur. 
Il n'est pas question en 2012 de fabriquer des pianos comme ils l'étaient en 1812. Ce ne serait pas rentable. La musique est une industrie comme les autres. Theodor Adorno, qui ne comprenait rien au Jazz, l'a démontré il y a déjà longtemps. Curieusement d'ailleurs, Adorno n'est pas cité dans ce livre. Un regret tout de même : cet ouvrage ne comprend ni bibliographie ni discographie. Certes il y a des notes en bas de page mais c'est un peu juste. Il est possible que le format très court ne l'ait pas permis. 
Par rapport au Jazz, voici quelques réflexions que m'inspire ce livre. D'abord, il ignore totalement qu'il existe un autre répertoire pianistique que celui dit classique. Certes, le Jazz est bien plus une musique d'improvisation que de composition mais pour jouer il faut un instrument, un piano qu'il soit droit comme souvent dans les petits clubs de Jazz ( l'auteur réhabilite d'ailleurs le piano droit ), à quart, demi ou queue ( le crocodile disent les Jazzmen ) et les pianistes de Jazz ( Ivory ticklers ) ont souvent tiré parti des limites de leur instrument voire même de leur technique comme Thelonious Monk. À part le classique, seul le Jazz a développé une école de piano et vu éclore des pianistes virtuoses respectés de leurs pairs du Classique. Sviatoslav Richter admirait la technique de Martial Solal et Alexis Weissenberg était un fan de Serge Gainsbourg pour en rester à deux musiciens qui illustrent cet article. Ensuite, il ignore qu'au XXe siècle a été inventé le microphone qui permet de diffuser et d'enregistrer le son. Il est vrai que les pianistes classiques jouent sans micro même avec orchestre. Sauf quand ils doivent être enregistrés. Le seul fait de passer par le truchement de câbles électriques, de hauts parleurs, change le son de l'instrument, la perception du musicien et de l'auditeur. Même avec sa puissance moderne, le pianiste de Jazz ne peut rivaliser avec le batteur. Quand il joue un solo, soit le batteur cesse de jouer, soit il joue en sourdine. C'est pour pouvoir jouer à fond avec le batteur à fond qu'Eddy Louiss est passé du piano à l'orgue Hammond. 
Tous mes arguments d'amateur de Jazz sont en fait fallacieux puisque l'auteur ne parle que de musique classique. Il n'empêche que même si le Jazz est d"abord une musique d'interprètes, il a aussi un répertoire. La grande différence avec le classique c'est que le Jazz est né avec le disque et la radio, que nous savons donc comment jouaient et dirigeaient Duke Ellington, Count Basie, Bill Evans, Thelonious Monk, Bud Powell, Jelly Roll Morton pour en rester aux pianistes. Alors que nous n'avons pas la moindre trace sonore de Bach, Mozart, Beethoven, Chopin. Sans oublier que le Jazz compte des compositeurs noirs, blancs, métis, européens, américains, catholiques, juifs, protestants, musulmans, scientologues, athées, agnostiques, alors que le classique, à part le Chevalier de Saint Georges, c'est une musique de blancs le plus souvent européens. La question de la fidélité à l'œuvre écrite est bien moins importante en Jazz puisque l'improvisation est toujours possible alors qu'en Classique, seuls les organistes ont conservé cette liberté (cf les interprétations de Bach par Jean Guillou à l'église Saint Eustache à Paris). Il n'empêche que lorsque Martial Solal a interprété Duke Ellington avec son orchestre, il lui a été reproché de lui être infidèle alors même que Duke Ellington a dit grand bien de Martial Solal et que Martial Solal a mûri, grandi avec la musique du Duke. 
Bref, lectrices musicologues, lecteurs mélomanes, vous avez compris qu'il faut lire " Les avatars du piano " par Ziad Kreidy parce que c'est un livre passionnant, stimulant, dérangeant, instructif. " Le rôle de l'intellectuel est de semer des doutes, pas de cueillir des certitudes " (Norberto Bobbio). C'est ce que fait superbement Ziad Kreidy. À lire avec du bon piano en fond sonore. Par exemple, Mal Waldron jouant seul sa composition "All alone". Silence, beauté.


 
Les Avatars du pianowww.concertonet.com, 21/10/2012 
Par Christine Labroche 
Ziad Kreidy, musicien franco-libanais, est pianiste et chercheur en musicologie, chargé de cours à l’Université de Franche-Comté et professeur titulaire de culture musicale au Conservatoire à rayonnement départemental de Ville-d’Avray. Comme dans son riche ouvrage Takemitsu. A l’écoute de l’inaudible, Kreidy aborde son sujet – ici le thème inépuisable du piano moderne face à ses avatars, les pianos historiques ou pianos encore en pleine métamorphose – sous un angle juste mais encore peu ou pas du tout exploré. Résolument attaché au son, aux timbres et à la dynamique sonore du piano à travers les âges, il ouvre l’angle comme il ouvre son esprit et son oreille, son principe étant de ne jamais condamner mais au contraire de chercher à reconnaître les valeurs mécaniques ou techniques, les possibilités et impossibilités expressives et les qualités de couleur ou de résonance particulières, perdues, maintenues ou développées d’avatar en avatar jusqu’au Steinway de notre époque, qui s’offrent au compositeur comme à l’interprète à un point précis du temps, et déterminent de ce fait son approche de l’instrument. 
Kreidy considère que «comme chacun sait, en art, il n’y a pas progrès mais changement», que «le moderne n’est pas supérieur à l’ancien, il est différent», qu’«il n’y a aucun gain qui ne se paie d’une perte» et que «chaque instrument, réussi à un moment de l’histoire, à commencer avec Cristofori, est indépassable et inégalable». Il s’efforce de le démontrer, grâce à sa pratique des différents instruments et à son examen minutieux, d’un côté, de la facture instrumentale et des transformations de la mécanique pure et, de l’autre, des partitions au travers non seulement des indications de pédale, de puissance et de techniques de jeu tout à fait révélatrices mais aussi de certains points stylistiques ou de traits pianistiques relevant de l’instrument à la disposition du compositeur et difficiles à réaliser, voire irréalisables, sur un piano moderne: ainsi du halo sonore si doux du jeu una corda à résonance sympathique d’un pianoforte Cristofori ou du double glissando de l’Alborada del gracioso de Ravel, conçu en 1904, ce dernier à cause de la lourdeur actuelle du clavier. Dans l’excellent chapitre «Résonances et équilibre des registres» fort utilement illustré d’extraits de partitions de Mozart, Beethoven, Schubert, Chopin, Schumann et Debussy, il démontre que, quel que soit le piano, la codification technique de la facture implique que «le pianiste n’a pas un pouvoir absolu sur son instrument, lequel affirme avec force ses particularités musicales» et que toute composition musicale est condamnée à se transformer avec le temps, les indications de nuances restant dépendantes de l’instrument historique ou moderne pour lequel elles ont été au départ conçues. 
Bien que Kreidy puisse déplorer jusqu’à un certain point, non pas le son du piano moderne dont les qualités s’adaptent bien à nos salles actuelles, mais l’idéalisation dont est l’objet «ce monument, cette institution, cet objet massif et spectaculaire» (Boulez) et sa standardisation presque à outrance, la finalité de sa thèse n’est pas de recommander une interprétation systématique sur un instrument de l’époque de chaque composition mais de sensibiliser l’interprète aux esthétiques anciennes et aux raisons d’être du détail spécifique d’un texte musical touchant à la nature du piano alors en existence, ce dans le but «d’acquérir une connaissance plus juste des intentions des compositeurs du passé». Au-delà, il souhaite «inviter simplement le lecteur à voir les choses différemment». Ce court document sérieusement étayé est le résultat d’un travail de recherche mené sur plus de dix ans avec un essentiel esprit de synthèse et une pratique personnelle du piano à chaque stade de ses métamorphoses. Il ne peut et ne doit qu’attirer profitablement l’attention des pianistes en particulier et des musiciens et des mélomanes en général. 

  
 
Edvard Grieg: Pièces lyriques pour piano (Kreidy), 1 cd LDN (piano Erard circa 1867)www.classiquenews.com, 1/10/2012
Par Ernst Van Bek
Voilà une lecture inédite et opportune dont les qualités: exigence philologique et grande intégrité interprétative réalisent l'accord toujours délicat des œuvres avec leur contexte sonore originel. Le pianiste libanais Ziad Kreidy (né en 1974) que la question des pianos historiques inspire, a choisi un piano droit (et s'en explique dans une courte notice éclairante à ce sujet). Le piano Erard 1867 choisi a d'évidentes qualités (...) 
La démarche ici et là restitue cet espace sonore si essentiel pour comprendre les oeuvres dans leur intimité et leur rapport au public; loin de la démonstration virtuose d'un Liszt, l'intimisme et la miniature s'inscrivent comme des clés fondamentales pour servir au mieux et au plus juste l'équilibre ténu des partitions.  
S'agissant des Pièces lyriques de Grieg soit presque 30 épisodes indépendants aux climats idéalement sertis, le choix de l'instrument s'avère des plus judicieux, jouant des œuvres datant de 1867 justement à 1888.  
Le geste introverti et d'une grande liberté narrative (Au Printemps, plage 22), pudique et souvent idéalement nuancé de Ziad Kreidy accrédite une approche qui trouve une très juste intelligence de ton, entre la versatilité expressive des pièces dans leur ensemble et la maîtrise constante de la mécanique, elle très présente (trop pour certains) : craquements continus, inégalité de hauteur du son, inégalité de tempo (ici échappement simple et marteaux recouverts de peau...) rappellent combien les instruments des compositeurs romantiques étaient loin d'offrir le confort des pianos actuels (avec leur son égal et standardisé); mais c'est justement cette aspérité, cette instabilité structurelle, cette fragilité identitaire qui confèrent à l'entreprise artistique, son audace méritante; aux équilibres sonores restitués (nous dirions même conquis), leur éclat particulier. 
Le piano parisien a été conservé avec toute sa mécanique d'origine (cadre en bois): sa résonance de palissandre évoque immédiatement l'époque des salons privés et la pratique confidentielle loin des salles de concerts. C'est donc une immersion vers une authenticité qui reste supposée mais où l'intelligence millimétrée du pianiste traverse l'obstacle des moyens retenus pour extraire cette finesse et cette délicatesse au bout de sa quête interprétative: la diversité et la caractérisation des pièces de Grieg trouvent un ambassadeur habité par son sujet, véloce malgré la résistance de l'instrument et la présence de la mécanique; du matériau physique, les doigts savent libérer une matière musicale finement tressée dont la vérité et la grande sincérité de ton, éclairent les multiples failles intérieures des quatre cycles abordés (opus 12, 38, 43, 47). La sensibilité et la maturité du pianiste enrichissent la démarche. A mesure que l'on passe d'un cycle à l'autre, l'épure s'accomplit dans l'écriture, la gravité nostalgique (Mélodie, plage 25); autant de caractères dont l'instrument et l'interprète savent exprimer l'évidence croissante. Défi technique et digital, comme interprétatif, sont magistralement relevés. Le raffinement et l'inspiration de l'interprète nous font accepter la mécanique du clavier inconfortable comme l'une des données clés de cette lecture: bel accomplissement. 


Les avatars du piano, La Lettre du Musicien, Septembre 2012 
Entre puissance du piano d’aujourd’hui et nuances perdues des pianos d’hier, où irait le coeur d’un Mozart ou d’un Chopin ? Question sans réponse. Et pourtant, Ziad Kreidy s’interroge sur l’évolution du piano. En quoi était-il si différent en 1830, par exemple, d’aujourd’hui? En quoi le piano influence-t-il l’écriture du compositeur ? En somme, il nous invite à un voyage à travers les âges du piano.

  
W.A. MOZART & JOSEPH HAYDN - Sonates pour pianoforte - Ziad Kreidy, pianoforte - LdN 001
Péché de classique n° 118, juin 2012 
Mozart et Haydn sont réunis sur cet album car une admiration réciproque unit les deux compositeurs les plus célébrés de l’époque classique. «Personne ne peut tout faire – badiner et toucher, faire rire et émouvoir – et tout cela aussi bien que Haydn», affirme Mozart. Au père de Mozart, Haydn proclame : «Je dois vous le dire devant Dieu, en honnête homme, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, en personne et de nom, il a du goût et en outre la plus grande science de la composition». Merveilleuse amitié artistique malgré une musique différente. Avec ce premier disque du label LDN Productions et de son jeune interprète Ziad Kreidy, artiste révélé par l’Académie Charles Cros, on est loin de l’ambiance du studio. Enregistré en public, il se veut fidèle au récital, à la communication entre le musicien et son auditoire. La prise de son superlative restitue l’espace acoustique dans toute son authenticité et sans aucun artifice 
 
 
Le pianiste Ziad Kreidy défend les couleurs du pianoforte, qu'affectionnaient Mozart et Haydn, Télérama - n° 3257, 16/06/2012
Par Gilles Macassar
Inventé par l'Italien Cristofori au début du XVIIIe siècle, développé à Vienne et à Londres au temps de Mozart et de Haydn, le pianoforte, ancêtre du piano moderne, continue d'avoir mauvaise presse auprès de détracteurs patentés, tel Alfred Brendel. Grâce à Paul Badura-Skoda naguère, à Andreas Staier aujourd'hui, ce mal-aimé des instruments historiques a pourtant administré la preuve de ses atouts artistiques, dus à ses fines cordes en laiton, à ses marteaux gainés de daim, à sa table d'harmonie légère. A son clavier (copie d'un spécimen viennois) comme à son écritoire, le pianiste franco-libanais Ziad Kreidy part à son tour en croisade. Et soutient que, ni clavecin amélioré ni piano incomplet, le pianoforte est un beau parleur, parfait en lui-même - timbre net, diction claire et véloce. Mozart et Haydn ne s'y étaient pas trompés. 


Les avatars du piano, L’éducation musicale, juin 2012
Par Francis Cousté
Sous la plume de l'éminent pianiste & musicologue franco-libanais Ziad Kreidy, voilà un incontournable ! Où réponse est apportée aux questions : En quoi les premiers pianos étaient-ils si différents ? En quoi l’instrument influence-t-il l’écriture d’un compositeur ? Les pianos modernes ont-ils les qualités des pianos anciens ? Qui a raison, des tenants des uns ou des autres ? Ces questions ont-elles, en définitive, un sens ? Cinq principaux chapitres : Pianos anciens, pianistes modernes / Glossateurs de pianos / Résonance & équilibre des registres / Puissance du son & aléas historiques / Illusion de l’histoire. Essai illustré de nombreux extraits de partitions.
   
 
Ziad Kreidy : Les avatars du piano, AutreRadioAutreCulture, émission enregistrée à Paris, 31/05/2012
Par Marion Delhaye 
Piano forte ou piano moderne ? Pour Ziad Kreidy ce n’est qu’une illusion entre deux termes; d’ailleurs allons encore plus loin, le piano n’existe pas. Devrait-on dire clavier mécanique et clavier numérique ? La discussion peut s’enflammer tant la passion est grande. 
Ziad Kreidy, pianiste, musicologue revient sur ces notions dans un livre paru chez Beauchesne « Les avatars du piano ». 
Parallèlement il sort un album, paru chez le label LdN « sonates pour pianoforte de Mozart et Haydn », sonates jouées sur un pianoforte à l’atelier de Philippe Jolly. 
Avec la collaboration d’Elie Mittelmann et la participation de Ziad Kreidy, Ludovic de Nayer, ingénieur du son et directeur du label LdN, cette émission a été enregistrée à Paris le 31 mai 2012 par Marion Delhaye.
 

  
Conférence : L'identité du piano, mythes et réalités
Débat animé le 3 mai 2012 par la musicologue Ivanka Stoïanova 
À la Librairie Eyrolles à Paris, conférence de Ziad Kreidy autour de son essai "Les avatars du piano", paru aux éditions Beauchesne dans la collection "L'éducation Musicale", avec la participation de Ludovic de Nayer
 

Les avatars du piano sur www.pianobleu.com, mai 2012
C'est en entendant jouer par d'autres pianistes, côte à côte, un piano Erard et un piano Pleyel à queue de la fin des années 1830 que le musicien franco-libanais, Ziad Kreidy,pianiste et musicologue, chargé de cours de musicologie à l’Université de Franche-Comté et Professeur titulaire de culture musicale au Conservatoire à Rayonnement Départemental de Ville d’Avray, à eu l'idée de ce livre..."Je ne pensais pas que deux pianos de même taille pussent être aussi différents. Ensuite , leur différence par rapport aux Erard et Pleyel de la première moitié du 20ème siècle m'a étonné." 
Cet ouvrage est donc le fruit de son travail mené depuis cette constatation, un travail d'une dizaine d'années où la pratique de ces instruments a joué un rôle important. Il n'est pas question ici pour le musicien de donner des conseils sur la façon de les jouer mais juste une invitation à voir les choses différemment dit-il précisant : "Les avatars sont une trame conceptuelle pour analyser le piano. Je ne désire pas synthétiser l'ensemble des connaissances sur le sujet mais inviter le lecteur à voir les choses différemment." 
Une invitation à écouter et aussi à jouer, avec des propos parfois un peu sévères : "Passionnés, doués, les pianistes sacralisent leur art, et par ignorance de leur héritage, le piano moderne standardisé. Leur identité en est indissociable, ils s'y identifient corps et âme. Confondant interprétation et instrument, ils ont un mal fou à se libérer de ce carcan et affiche un franc mépris pour la différence instrumentale, qu'elle concerne la sonorité, le toucher du clavier ou même l'apparence du meuble. Ils ne soupçonnent pas l'existence de sonorités anciennes et de touchers différents. Ils les jugent extrinsèques à leur esthétique qui s'est forgée sur un univers instrumental rigide. Quant aux plus optimistes d'entre eux, si de vieux pianos peuvent les intriguer, ou même s'ils les essaient brièvement , ils n'ont pas l'audace de les jouer en concert. De peur de nuire à leur carrière, ils leur portent un intérêt timide et n'osent pas franchir le pas. Se confrontant à un écart important dans la technique de jeu, ils exigent intuitivement le réglage d'un piano moderne. C'est ainsi qu'ils ont été formés". 
A travers ces propos Ziad Kreidy pointe en fait plus une réalité : il y a plus de pianistes que de pianofortistes, constatant au sujet des "anciens pianos ": " Parce qu'on ignore leur expressivité, on les exclut. Parce qu'il n'obéit pas aux exigences modernes, on dénigre tout piano ancien, toute expressivité différente, toute sonorité amoindrie. C'est l'adoration de la puissance !".... 
Sans renier les pianos modernes Ziad Kreidy regrette simplement l'uniformité de nos jours : " Comme chacun sait , en art il n'y a pas de progrès, mais changement. Le moderne n'est pas supérieur à l'ancien, il est différent. Le monde entier semble s'accorder la dessus sauf le monde du piano" ajoutant plus loin : " Comme on se désintéresse, il serait plus honnête de mettre à un même niveau de neutralité pianos modernes et pianos anciens, ou simplement d'afficher son propre goût sans essayer de le justifier par de pauvres arguments.[...]Dans ce débat pianoforte-piano moderne, il serait sans doute plus avisé de commencer par comprendre ce qui, avec le piano moderne, est à jamais perdu du texte musical. Autrement dit admettre que les pianistes ont quelque chose à apprendre des pianos anciens. Le but n'étant évidemment pas de rester fixé sur la sonorité d'un quelconque instrument ancien mais d'acquérir une connaissance plus juste des intentions des compositeurs du passé" 
Si le musicologue demande d'afficher clairement son goût il le remet aussi en cause : " Le goût d'un musicologue ou d'un pianiste, quel qu'il soit, n'est pas à lui seul un argument valable en faveur du piano moderne. En quoi le goût d'une époque serait-il supérieur à celui d'une autre ? Accorder sa préférence au piano contemporain n'est qu'une vieille tradition, sans cesse revisitée, d'un avatar à l'autre, depuis le début du 19ème siècle, il ne faut pas l'oublier". 
Dans un chapître sur la résonance et l'équilibre des registres, largement illustrées d'extraits de partitions le pianiste démontre qu'on ne peut pas tout faire avec un piano, ainsi par exemple :" quoiqu'il fasse le pianiste n'a pas le pouvoir absolu sur son instrument, lequel affirme avec forces ses particularités musicales. Fait surprenant aucun des pianistes contemporains, majoritairement très soucieux de respecter le texte musical, ne peut réaliser, sur piano moderne, un forte-piano de Mozart ou une pédale notée méticuleusement par Chopin." 
Dans un autre chapitre : "Puissance du son et aléas historiques" le musicologue montre que depuis trois siècles, par dessus tout et tous, la force du son l'a emporté sur dautres qualités. Il n'est question que de pianos acoustiques cependant on relèvera cette petite phrase : " Aujourd'hui c'est l'industrie informatique, avec ce qu'on nomme le piano "virtuel" qui cherche à influer sur le son après son émission, mais cela ne concerne pas le piano acoustique"...une petite phrase certes qui élude le problème mais qui interroge sur un autre changement ici ignoré, qui pourtant peu inquiéter lui aussi. Les avatars du piano ne sont sans doute pas terminés : pour le moment tout le monde artistique semble s'accorder au moins sur le piano acoustique mais qu'en sera-t-il demain ? Petite suggestion d'un autre livre à suivre peut-être... un avatar n'est-il pas outre être l'incarnation d'une divinité sur terre, la représentation informatique d'un internaute ? 
Quoi qu'il en soit ce livre court( 80 pages) est bien évidemment à lire par tout amateur de piano qui écoute et/ou joue de cet instrument dont seul, assez curieusement en France et nombreux pays, ne reste du mot initial "pianoforte", donné par Bartolomeo Cristofori, le début piano (doux) alors qu'il a gagné en puissance au fil de ses trois siècles d'histoire...



Ziad Kreidy, entre morceaux romantiques et innovation musicologique, L'Orient-Le Jour, 05/04/2012 
Par Zeina Saleh Kayali 
L’éclectique programmation de la Fondation danoise à Paris a inclus dans sa saison musicale un récital du pianiste, musicologue et compositeur libanais Ziad Kreidy. L’artiste a choisi d’offrir ce soir-là un voyage à travers la Vienne classique et romantique, se terminant dans les brumes nordiques de la Norvège.
Le programme commence par le classicisme viennois le plus pur avec la Sonate en mi mineur de Joseph Haydn, dont on a dit qu’elle préfigurait les sonates pour piano de Beethoven. D’emblée, l’auditeur est pris par le jeu qui caractérise Ziad Kreidy: un toucher alternant force et délicatesse. Puis Vienne encore, mais dans son romantisme le plus échevelé: trois Klavierstücke de Franz Schubert, œuvres ultimes composées la dernière année de la vie du compositeur qui, rappelons-le, est mort à l’âge de 31 ans. Romantisme toujours, mais beaucoup plus nordique et retenu avec les Six pièces lyriques du compositeur norvégien Edvard Grieg, dont l’écriture pianistique raffinée annonce déjà Claude Debussy. C’est dans cette musique, aux harmonies audacieuses de celui que l’on a appelé le «Chopin scandinave», que l’expressivité de Ziad Kreidy s’épanouit totalement, portée avec naturel par un jeu au geste sobre, à la fois chantant, lisible et bien timbré. 
Les mélomanes qui le souhaitent pourront entendre ce récital à l’Université de Balamand, le vendredi 20 avril. 
Mais Ziad Kreidy ne se contente pas d’être un pianiste talentueux. Il est aussi un compositeur sensible et un musicologue émérite. Après Takemitsu à l’écoute de l’inaudible, paru chez L’Harmattan et récompensé d’un « Coup de cœur musique contemporaine 2010 » par l’Académie Charles Cros, voici Les Avatars du piano qui sort cette semaine aux éditions Beauchesne à Paris. Cet ouvrage audacieux et polémique ne craint pas d’affirmer que les grands maîtres du piano du temps passé auraient composé leurs œuvres tout à fait différemment s’ils avaient disposé de pianos contemporains. Ziad Kreidy convie le lecteur à un passionnant voyage à travers les âges du piano, ses qualités gagnées et perdues, ainsi que ses métamorphoses à travers les siècles. Ziad Kreidy passe d’ailleurs régulièrement de la théorie à la pratique en interprétant, quand il en a l’occasion, les grandes œuvres du répertoire pianistique sur des instruments d’époque. 
En alliant l’interprétation de haute qualité et la recherche innovante, Ziad Kreidy démontre la curiosité, l’originalité et la persévérance des Libanais qui, à travers le monde, cultivent des talents multiples.


Musicologue et pianiste, Ziad Kreidy poursuit des recherches multiformes. J’ai été, récemment, très impressionné par son intérêt pour les instruments d’époque. Pianiste virtuose, il joue Mozart et Beethoven sur un pianoforte d’une manière qui met en valeur des résonances insoupçonnées.  
Christian Goubault  
Musicologue, critique musical  
 
 
Le travail de recherche de Ziad Kreidy témoigne d’une honnêteté intellectuelle et d’une humilité scientifique rares. Son esprit de synthèse est une de ses qualités essentielles de chercheur.  
Ivanka Stoïanova  
Musicologue, Professeur des universités  
 
 
Ses qualités de musicien inventif montrent une oreille très fine et une parfaite connaissance de l’art des grands orchestrateurs français.  
Alain Louvier  
Grand Prix de Rome de composition  
 
 
L'interprétation de Ziad Kreidy est subtile et inspirée. Parfois tendre, parfois énergique, mais toujours empreinte d'une grande sensibilité et associée à une technique pianistique très sûre. Il est toujours revigorant de constater que les artistes libanais établis à l'étranger, notamment les musiciens, font preuve d'une créativité et d'une originalité extraordinaires, et s'inscrivent dans les mouvements de l'actualité culturelle parisienne et internationale. (À propos de l’interprétation des "Préludes opus 28" de Chopin sur un pianino Pleyel)  
Zeina Saleh Kayali  
L'Orient-Le Jour  
 
 
La musique représente toute son aspiration, son identité humaine, intellectuelle et sa sensibilité profonde.  
Marie-Claire Laroche  
Pianiste concertiste, pédagogue  
 
 
Un pianiste au toucher remarquable. Une belle culture musicale au profit d’une élégance de toucher.  
Edgard Davidian  
L'Orient-Le Jour  
 
 
Ziad Kreidy est un travailleur acharné, motivé, inspiré par tout ce qui touche à son art.  
Billy Eidi  
Pianiste concertiste, pédagogue